D’après une synthèse thématique publiée en janvier 2025 par la Direction régionale et interdépartementale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DRIEETS), 9% des contrats d’alternance signés en 2023 concernaient des apprentis âgés de 26 ans et plus.
Ce chiffre rappelle que, grâce à l’alternance, il n’y a pas d’âge pour entreprendre une formation professionnalisante validée par un diplôme ou une qualification professionnelle reconnue par l’État.
Il existe cependant quelques subtilités que Formaposte Sud Est reprend afin que vous compreniez comment procéder pour signer un contrat en alternance à l’âge adulte.
La limite d’âge, une nuance au sein des contrats en alternance
Les contrats en apprentissage et les contrats de professionnalisation ne s’adressent pas tout à fait aux mêmes publics. De fait, les limites d’âge pour chacun de ces dispositifs sont différentes.
Le contrat d’apprentissage
Cas général
Le contrat en apprentissage est destiné principalement aux étudiants en formation initiale qui préparent un diplôme d’État (CAP, Baccalauréat, BTS, Licence, Master…) ou un titre à finalité professionnelle inscrit au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).
Il est donc plutôt destiné aux jeunes dont l’âge est compris entre 16 ans minimum et 30 ans maximum (29 ans révolus) à la date de signature du contrat.
Les exceptions
Cette limite d’âge ne s’applique pas dans certaines situations :
- les sportifs de haut niveau ;
- les entrepreneurs qui se lancent dans une création/reprise d’entreprise ;
- les personnes reconnues comme travailleurs handicapés. Dans ce cas, le contrat d’apprentissage peut faire l’objet d’un accompagnement personnalisé et il est accessible sans limite d’âge ;
- les étudiants dont le contrat précédent aurait été rompu pour une raison indépendante de leur volonté, à condition que le nouveau contrat soit signé dans l’année qui suit la rupture du précédent. Dans ce cas, ou celui où le précédent contrat ait été rompu en raison d’une inaptitude physique temporaire, la limite d’âge est alors fixée à 35 ans.
La dérogation à la limite d’âge concerne aussi la préparation d’un diplôme ou un titre supérieur à celui déjà obtenu, pour obtenir une promotion professionnelle par exemple.
Passé 30 ans, en dehors de ces situations, un adulte qui souhaite signer un contrat en alternance doit opter pour un contrat de professionnalisation.
Le contrat de professionnalisation
Le contrat de professionnalisation s’inscrit davantage dans un système de formation continue. De fait, les alternants signent un contrat de professionnalisation en vue d’obtenir :
- une qualification professionnelle reconnue (un diplôme ou un titre professionnel enregistré dans le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ;
- un certificat de qualification professionnelle (CQP) ;
- une qualification reconnue dans les classifications d’une convention collective nationale).
Ce dispositif est particulièrement adapté aux adultes puisqu’il est ouvert aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus ainsi qu’aux bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) et de l’Allocation d’Adulte Handicapé (AAH) ou d’un contrat unique d’insertion (CUI).
Durée de la formation pendant le contrat en alternance
Le contrat en apprentissage et le contrat de professionnalisation n’ont pas les mêmes objectifs de formation :
- un apprenti s’engage dans une période d’apprentissage d’une durée comprise généralement entre 6 mois à 3 ans ;
- un alternant en contrat de professionnalisation entreprend quant à lui une formation entre 6 mois à 1 an, voire parfois 3 ans.
Pour le contrat d’apprentissage, la formation théorique doit correspondre à au moins 25 % de la durée globale du contrat.
Pour le contrat en alternance, la durée de la formation théorique doit être égale à au moins 150 heures, soit entre 15 à 25 % de la durée du contrat.
Incidence de l’âge sur la rémunération du contrat en alternance
Qu’il s’agisse du contrat d’apprentissage ou du contrat de professionnalisation, des dispositions conventionnelles ou contractuelles peuvent prévoir une rémunération plus avantageuse pour l’alternant que celle prévue dans le cadre légal.
Rémunération du contrat d’apprentissage
Dans la mesure où le contrat d’apprentissage s’adresse davantage à un public scolaire, la rémunération de l’apprenti sera calculée d’après un pourcentage du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) et de l’année du contrat. Pour les apprentis salariés âgés de plus de 26 ans, le montant de la rémunération s’élève à 100% du SMIC.
Rémunération du contrat de professionnalisation
La rémunération du salarié en contrat de professionnalisation est calculée d’après le niveau de sa formation initiale et de son âge. Passé 26 ans, le critère de la formation initiale n’a plus d’incidence est la rémunération est à minima le SMIC ou 85 % de la rémunération minimale conventionnelle ordinaire.
Comment signer un contrat en alternance à 26 ans et plus ?
Passé 30 ans, et hors situation exceptionnelle, un adulte qui souhaite signer un contrat en alternance ne pourra pas être apprenti. Il doit opter pour un contrat de professionnalisation et suivre différentes étapes :
Choix de la formation
La première étape consiste à identifier la formation que l’on souhaite suivre en vue de l’obtention d’un titre professionnel ou d’une certification de qualification professionnelle (CQP) enregistrés dans l’un des deux répertoires nationaux (RNCP et RS).
À savoir, il n’est pas possible de préparer l’obtention de diplômes scolaires classiques (CAP, BAC, BTS) avec un contrat de professionnalisation, sauf si la formation est inscrite spécialement au RNCP.
Choix de l’entreprise
Une fois la formation identifiée, le futur alternant doit trouver son entreprise d’accueil. Il peut chercher sur les plateformes de recrutement classiques (France Travail, APEC, Hello Work, Indeed, etc…), sur les réseaux sociaux (LinkedIn, Viadeo, etc..), ou encore effectuer des candidatures spontanées auprès des entreprises identifiées.
À savoir : il existe des aides pour les apprentis et une entreprise perçoit elle aussi des aides de l’État lorsqu’elle signe un contrat en alternance. Le montant de ces aides s’élève à 6 000 € maximum par apprenti pour les contrats éligibles signés entre le 1er janvier 2023 et le 23 février 2025.
Obtention du financement auprès de l’OPCO
Une fois l’entreprise choisie, cette dernière doit solliciter l’OPCO (Opérateur de Compétences) lié à sa convention collective, car c’est cet organisme qui va financer la formation.
L’entreprise transmet à l’OPCO les informations relatives à la formation (programme et coût), ainsi que les éléments du contrat.
Établissement du contrat
Après validation du financement par l’OPCO et accord sur le contrat, une convention de formation est signée entre le centre de formation et l’entreprise. L’alternant et l’entreprise signent quant à eux le contrat de travail qui peut être un Contrat à Durée Déterminée (CDD) ou un Contrat à Durée Indéterminée (CDI).
Il est donc possible pour un adulte de plus de 29 ans d’entrer dans le dispositif de l’alternance. Sauf exception, le contrat de professionnalisation sera plus adapté. Une fois la formation retenue, le contrat d’alternance est simple à mettre en place. Consultez les offres d’emploi de Formaposte Sud Est et rejoignez l’équipe !
FAQ : Tout savoir sur l’alternance à l’âge adulte
Oui, principalement via le contrat de professionnalisation (sauf exceptions pour l’apprentissage).
– apprentissage : 6 mois à 3 ans
– professionnalisation : 6 mois à 1 an (parfois jusqu’à 3 ans)
Non. En contrat de professionnalisation, la formation doit être inscrite au RNCP ou correspondre à une qualification reconnue.
Oui, c’est même l’un des dispositifs les plus efficaces pour changer de métier tout en sécurisant ses revenus.