En France, plus d’un million de jeunes suivent une formation en alternance, selon les données de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), avec 846 683 entrées en apprentissage en 2025 et 86 399 entrées en professionnalisation en 2024.
Ce dispositif séduit les étudiants en raison de son impact décisif sur leur future recherche d’emploi. Véritable tremplin pour la carrière, il leur permet également de gagner en autonomie et de financer leur formation grâce à un salaire mensuel.
À la fois étudiant et salarié, l’alternant bénéficie d’une expérience hybride entre enseignement scolaire, en école ou en CFA (Centre de Formation des Apprentis), et travail en entreprise. Contrats, droits sociaux, obligations : voici un tour d’horizon du statut d’alternant par Formaposte Sud Est !
L’alternant : un salarié presque comme les autres
À la différence d’un stage, l’alternance est encadrée par un contrat de travail. Un alternant est ainsi considéré comme un salarié à part entière. Il fait partie des effectifs de l’entreprise, au même titre que les autres collaborateurs.
L’alternance repose sur deux types de contrats :
- Le contrat d’apprentissage, dispositif de formation initiale qui vise l’obtention d’un diplôme d’État général, technologique ou professionnel, ou d’un titre enregistré au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) ;
- Le contrat de professionnalisation, orienté vers l’acquisition d’une qualification professionnelle directement liée à un poste.
Ces deux dispositifs comportent un avantage clé : le coût des formations est supporté par les sociétés accueillant les alternants, via leur OPCO (Opérateur de compétences).
Les droits sociaux et avantages financiers du statut
Rémunération et exonération de charges
L’alternant perçoit une rémunération mensuelle calculée en fonction de son âge et de son année de formation :
| Tranche d’âge | Contrat d’apprentissage | Contrat de professionnalisation |
| Moins de 18 ans | 1re année : 27 % du SMIC2e année : 39 % du SMIC3e année : 55 % du SMIC | Diplôme inférieur au baccalauréat professionnel : 55 %Diplôme supérieur ou équivalent au baccalauréat professionnel : 65 % |
| 18 à 20 ans | 1re année : 43 % du SMIC2e année : 51 % du SMIC3e année : 67 % du SMIC | Diplôme inférieur au baccalauréat professionnel : 55 %Diplôme supérieur ou équivalent au baccalauréat professionnel : 65 % |
| 21 à 25 ans | 1re année : 53 % du SMIC ou du SMC (Salaire Minimum Conventionnel) si cela est plus avantageux2e année : 61 % du SMIC ou du SMC3e année : 78 % du SMIC ou du SMC | Diplôme inférieur au baccalauréat professionnel : 70 %Diplôme supérieur ou équivalent au baccalauréat professionnel : 80 % |
| 26 ans révolus | 100 % du SMIC ou du SMC dès la 1re année | 100 % du SMIC ou 85 % du SMC |
Ces montants sont des minima légaux, mais les entreprises restent totalement libres de verser un salaire supérieur aux alternants. Dans le cadre de l’apprentissage, le salarié bénéficie également d’une exonération d’impôt sur le revenu dans la limite d’un plafond légal.
Congés payés, RTT et protection sociale
Comme tout salarié, l’alternant dispose :
- De 5 semaines de congés payés par an ;
- De jours de RTT (Réduction du Temps de Travail) si son temps de travail hebdomadaire est supérieur à 35 heures, en fonction de la politique de l’entreprise ;
- D’une couverture sociale complète relevant du régime général de la Sécurité sociale ;
- De dispositifs d’accompagnement ou d’aménagement spécifiques en cas de handicap ;
- D’une mutuelle d’entreprise, payée au minimum à 50 % par l’employeur.
Il cotise également pour sa retraite et bénéficie de droits au chômage s’il remplit les conditions pour bénéficier de l’ARE (Allocation d’aide au Retour à l’Emploi).
Les aides spécifiques
Les alternants peuvent aussi accéder à différentes aides en fonction de leur situation personnelle et financière :
- Les aides au logement, comme l’APL (Aide Personnalisée au Logement) ou la garantie Visale ;
- Les aides à la mobilité, telles que l’aide Mobili-Jeune ;
- Les dispositifs régionaux : cartes de réduction dans les commerces et institutions culturelles, chèques destinés à l’achat d’équipements scolaires, subventions pour les échanges internationaux, remboursement des abonnements de transports en commun, etc.
Les devoirs et obligations de l’alternant
L’obligation d’assiduité en cours et en entreprise
L’un des principes fondamentaux du statut d’alternant est la double présence : en entreprise et en centre de formation. Le temps passé dans l’établissement d’enseignement est considéré comme du temps de travail effectif.
L’alternant doit respecter la durée légale du travail, soit 35 heures par semaine, sauf dispositions particulières. Une absence injustifiée peut entraîner une retenue sur salaire.
Le respect du règlement intérieur
En tant que salarié, l’alternant doit respecter les règles de l’entreprise :
- Les horaires de travail ;
- Les règles de sécurité et d’hygiène ;
- Les obligations de confidentialité et de loyauté ;
- L’adoption d’un comportement professionnel adéquat.
La carte « Étudiant des Métiers » : le bonus du statut
L’un des atouts du statut d’alternant est la carte d’étudiant des métiers délivrée par l’organisme de formation.
Elle ouvre droit à de nombreux avantages, au même titre que les cartes d’étudiant de l’enseignement supérieur :
- Tarifs réduits dans les transports, cinémas ou musées ;
- Accès aux services du CROUS (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires) ;
- Offres spécifiques pour les jeunes dans les commerces.
FAQ : les questions fréquentes sur le statut d’alternant
Oui, le télétravail est possible si l’entreprise l’autorise et si les missions sont compatibles avec un suivi à distance. L’alternant doit toutefois rester encadré par son maître d’apprentissage ou son tuteur.
Oui. En apprentissage, une période de mise à l’essai de 45 jours effectifs en entreprise est prévue. En contrat de professionnalisation, la durée varie en fonction des conventions collectives. Cette période permet à l’employeur et à l’alternant de vérifier que la collaboration correspond au projet professionnel.
Oui. L’alternant bénéficie des mêmes avantages que les autres salariés : Tickets-Restaurant, accès au Comité Social et Économique (CSE), Chèques-Vacances, etc.
La rupture est libre et sans motif uniquement pendant la période d’essai. Passé ce délai, elle est strictement encadrée et n’est possible que dans certains cas :
– D’un commun accord écrit entre l’employeur et l’alternant ;
– À l’initiative de l’apprenti, avec un préavis d’un mois à respecter ;
– En cas de faute grave ou d’inaptitude constatée par la médecine du travail ;
– Si l’apprenti obtient son diplôme avant la fin prévue du contrat ;
– En cas de manquements graves de l’employeur.